
EDITORIAL - mise à jour du 17 mars 2010
"Cui! Cui!" pépiait dans son précaire abri
Gonflant son noir plumage un merle amaigri
"Je suis au désespoir l'hiver ne finit pas
Je ne trouve plus de quoi m'offrir un bon repas,
Quand je vois sautillant, en quête de pitance,
Quand pour gagner mon nid vers le ciel je m'élance,
La neige aux plumes colle, alourdissant mon vol.
Les chats du village, sur mes traces lancés,
Guettent mon passage, espérant m'attraper.
Mon gosier enroué ses balades a perdu,
Comment charmer ma belle si je ne chante plus?
Comment à mes petits apprendre à dire cui-cui,
Comment au rossignol vais-je lancer un défi?
Et pendant ce temps-là, oh bipèdes ingrats!
La neige vous amuse, vous fait rire aux éclats!
Ne riez pas trop fort, vous risquez de glisser :
Tomber sur le séant, vous raboter le nez.
Car la neige sournoise ne peut vous pardonner
Que par vos gros sabots elle soit piétinée.
Mais le printemps venu nous saurons nous venger
Toute la gent ailée nous allons rassembler
Pour, en essaims serrés, piller vos cerisiers!"
Puis le merle s'envola, me laissant planté là
Et d'un pas alourdi je rentrai au logis.
Dans mes réflexions c'est alors que j'omis
D'enlever mes sabots, souillant tous les tapis.
Je n'ose répéter toute la litanie
Des imprécations d'une épouse ahurie
Qui me mit à genoux, serpillière en main
Pour les traces effacer de ma malpropreté,
Ajoutant, ton mordant : "ta mère vient demain,
Et ta mère, ma belle-mère, fera l'inspection
D'un œil peu indulgent de toute la maison!"
Le merle avait raison, la neige immaculée
Cache bien des misères et bien des saletés!
Morale :
Faut-il maudire la neige
Qui nous crée tant d'ennui?
Faut-il la remercier
De mettre de l'eau au puits?
Merci à M. GILG de suppléer à mon manque d'inspiration pour renouveler cet éditorial. Puissiez-vous goûter à sa juste valeur le talent poétique de notre doyen de 97 printemps.
Juste encore un remerciement à tous les électeurs qui se sont déplacés le 14 mars dernier et qui m'ont permis de faire un score honorable, sur une liste hélas ralentie par le déclin au niveau national du parti qui la chapeautait.